Un tube digestif mal entretenu, peuplé de bactéries pathogènes (en particulier Candida albicans) et pollué par des aliments mal digérés risque de se retrouver encombré. Ce phénomène est facteur de déséquilibres et de nombreux troubles.
En effet, vous pouvez souffrir de constipation, de ballonnements, de diarrhées, d’inflammations diverses, d’altération de la peau ou de maladies plus graves, comme une colopathie fonctionnelle, une diarrhée sanglante ou un cancer du côlon.
Un intestin mal entretenu, c’est le risque d’une immunité déficiente. Vous souffrez alors d’une vulnérabilité plus grande aux maladies infectieuses et inflammatoires touchant les sphères digestives, respiratoires, urogénitales, etc.
Entretenir votre tube digestif
Votre intestin n’est ni une cheminée qu’on ramone, ni une tuyauterie qu’on débouche avec du « Déstop ».
Normalement, vous ne devriez rien avoir à faire. Dame Nature a tout prévu : une armée de milliers de milliards de micro-organismes qui peuplent votre côlon (la dernière partie de l’intestin, juste avant le rectum) et qui, nuit et jour, le protègent, le nettoient, et empêchent les bactéries et levures nuisibles de se développer. On parle de la « flore intestinale » ou le « microbiote ».
Votre flore intestinale se détermine dès votre naissance
La composition de votre flore intestinale dépend avant tout de la façon dont se déroule votre naissance.
Quand vous étiez dans le ventre de votre mère, votre tube digestif était stérile. Il n’y avait dedans aucun microbe.
Ce n’est qu’au moment de l’accouchement que des bactéries et des levures s’y sont installées : 72 heures après votre naissance, votre tube digestif contenait déjà 1000 milliards de bactéries et levures.
Mais d’où proviennent ces bactéries et levures ? Très peu de gens le savent, mais elles viennent, pour les enfants nés par voie naturelle, de la flore vaginale de leur mère.
Or, cette flore vaginale est très dépendante de la flore intestinale et donc une femme qui aura une bonne flore intestinale dans les dernières semaines de sa grossesse donnera en héritage à son enfant les bonnes espèces microbiennes pour ensemencer son intestin.
Si, au cours des derniers mois précédant l’accouchement, la mère régénère sa microflore, son enfant ne sera pas porteur d’une microflore induisant de l’eczéma ou/et de l’asthme. Cette simple mesure permet donc de préserver le nouveau-né d’une déficience.
Mais un autre cas très problématique est celui des enfants nés par césarienne.
Etant directement extraits du placenta (stérile), le bébé né par césarienne n’a aucun contact avec la flore de sa mère. Il reçoit alors la microflore de l’environnement, et donc de l’environnement hospitalier, souvent riche en bactéries résistantes aux antibiotiques, en particulier le tristement célèbre staphylocoque doré.
Donc pour les mamans qui sont forcées d’accoucher par césarienne, il est très important qu’elles ensemencent le tube digestif de leur bébé, dès la naissance, avec de bonnes bactéries.
Entretenir et améliorer sa flore intestinale
Parmi les bactéries de votre flore intestinale, certaines ont un effet positif pour votre santé, et pour la vie en général : c’est pourquoi les scientifiques les ont baptisées « probiotiques » (favorables à la vie). Elles stimulent le système immunitaire, réduisent les allergies, apaisent les inflammations de l’intestin. Elles empêchent la production de toxines susceptibles de surcharger le foie, améliorent le transit intestinal, réduisent les flatulences, préviennent les troubles du transit (constipation ou diarrhée).
Réduire votre consommation d’aliments concenters
Les aliments concentrés tels que la viande, les fromages, certaines graisses (beurre, huile de tournesol, de maïs, de soja ou de carthame) et les sucres simples doivent être consommés avec modération car ils sont susceptibles de provoquer une rupture de l’équilibre de la microflore.
Tous les aliments sucrés ou qui se transforment rapidement en sucre simples (y compris les jus de fruit), favorisent la prolifération d’une flore fongique qui altère l’immunité, induit le risque de diabète, d’obésité, d’accidents cardiovasculaires et de tous types de cancers.
Priorité aux fruits, légumes et céréales complètes, baies, noix, poissons gras de haute mer riches en précieux nutriments (collagène, minéraux, vitamines liposolubles et acides gras omega-3). Un peu de viande, de produits laitiers (surtout au lait de chèvre et de brebis) et d’huiles végétales (préférence à l’huile d’olive, de noix, de colza) et très peu de sucreries.
Mangez plus de fibres, ce sont des « prébiotiques »
Si les fibres alimentaires ne sont pas des nutriments essentiels à notre organisme, elles sont indispensables à l’entretien de notre flore intestinale qui s’en nourrit et les transforme en acides organiques, qui protègent et régénèrent la muqueuse intestinale.
Certaines fibres alimentaires sont solubles parce que de bas poids moléculaire. On les appelle alors des « prébiotiques », parce qu’elles stimulent de façon ciblée la croissance des bactéries « probiotiques » ou bonnes bactéries de l’écosystème intestinal.
Puisque votre flore intestinale se nourrit de fibres, il ne faut pas la laissez dépérir en la privant des fibres solubles. C’est ce qui est apporté majoritairement par les fruits de saison bien mûrs et une grande variété de légumes (priorité aux crucifères).
Préférez des légumes et des fruits bio, car il ne contiennent pas de pesticides et de conservateurs (antibactériens et antifongiques qui altèrent votre flore intestinale).
Redécouvrez les produits lactofermentés
Toutes les semi-conserves fermentées contiennent des bactéries du groupe lactique qui ont des caractéristiques « probiotiques » c’est-à-dire bénéfiques à la santé.
A noter cependant que de plus en plus l’industrie agro-alimentaire conserve ces produits dans des saumures ou dans du vinaigre ou les stérilise après la fermentation, ce qui détruit les bactéries. La bière actuelle, bien que fermentée, est le plus souvent pasteurisée et contient très peu de bactéries et de levures.
Les laits fermentés, en revanche, sont tous riches en bonnes bactéries douées de caractères « probiotiques » de performances différentes selon l’espèce et le biotype bactérien utilisés.
C’est le cas du yogurt,du lait à l’acidophilus, du lait au bifidus, du kéfir. Tous ces laits fermentés présentent un intérêt pour la santé, surtout lorsque la matière première est du lait de chèvre, de brebis ou de jument. En ce qui concerne les yaourts classiques, ils présentent moins d’intérêt car de plus en plus de personnes développent une intolérance au lait de vache, avec manifestations inflammatoires (rhinite, sinusite, arthrite, arthrose, etc.).
Adaptez votre façon de manger
Veillez à suffisamment mâcher et imprégner vos aliments de salive, notamment ceux riches en amidon (céréales, fruits et légumes). Une bonne mastication garantit que la première phase de la digestion ait lieu dans la bouche sous l’effet de l’amylase de la salive et évite une fermentation intestinale incomplète, source de troubles digestifs.
Evitez d’abuser des aliments pouvant entraîner chez certaines personnes des réactions d’intolérance immunitaire : lait de vache et ses dérivés, céréales modernes riches en gluten et leurs dérivés.
Pas d’eau chlorée
La raison pour laquelle du chlore est ajouté dans l’eau du robinet avant d’être distribuée est précisément que cela permet de tuer les germes nuisibles qu’elle peut contenir.
C’est une excellente chose, et c’est depuis que ces mesures ont été prises que la dysenterie ou le choléra ont disparu dans nos pays industrialisés.
Cependant, il faut bien comprendre que le chlore a le même effet dans votre tube digestif : il a tendance à le désinfecter, tuant indifféremment mauvais et bon microorganisms.
Pour faciliter le processus, vous pouvez toutefois aussi prendre certains compléments alimentaires. Le problème est qu’ils sont très difficiles à obtenir. La plupart des « probiotiques » vendus dans le commerce ne marchent pas, ne serait-ce que parce qu’ils sont vendus en comprimés, ce qui suppose de leur appliquer une forte pression qui fait monter la température… et tue les bactéries vivantes !
Samuel Sztykman
Ostéopathe

